Le viol, parlons-en

« Culture du viol », « féminicide », « prédateurs sexuels »… Les qualificatifs adossés aux comportements masculins agressifs et criminels envers les femmes fleurissent dans les médias. Le sujet est sérieux et mérite de s’y arrêter de façon sourcée, en se basant sur la littérature scientifique. Le viol parlons-en !

Un homme soumet une femme par le bras dans le cadre d'un viol ou d'une agression sexuelle.
Le viol dépossède la femme de l’une de ses plus grandes forces : le choix génétique de l’homme qui contribuera à sa propre reproduction.

En matière de viol, le débat est ouvert en psychologie. Pour les uns, il est le résidu encore bien vivace d’une véritable « habitude instinctive du viol », ancrée dans les sociétés héritées du patriarcat. Pour les autres, le violeur serait un véritable « loser » de la compétition sexuelle, réduit à arracher à ses victimes un acte sexuel pour la transmission problématique de ses gènes.

Quelqu’en soient les causes, l’acte en lui-même entraine des conséquences terribles et profondes pour la femme. Surtout s’il s’agit d’un viol sans blessures apparentes, souvent plus dommageable pour la psychologie féminine.

Tout part de la femme et de son corps.

Procréation : la femme investit plus

La procréation, d’un point de vue strictement physiologique, représente un coût beaucoup plus élevé pour la femme :

  • La création d’un ovocyte est plus rare et plus important que la production de milliers de spermatozoïdes disponibles à chaque éjaculation chez l’homme.
  • La grossesse entraine neuf mois de vulnérabilité et des conséquences physiologiques lourdes (lactation etc…)

Résultat : les femmes investissent plus d’énergie dans la production de leur progéniture que les hommes (dont la seule énergie libérée se résume à éjaculer).

Une situation physiologique qui explique d’après les lois évolutionnistes que les femmes se révèlent plus exigeantes dans le choix de leur partenaire.

Lorsque vous misez plus gros, votre niveau d’exigence monte. Croyez-vous que vous êtes traité de la même façon en poussant la porte d’une concession Renault et d’un revendeur Porsche ?

Chez Porsche comme dans les rapports hommes/femmes, celui qui dispose de la ressource est aussi celui qui gère l’offre. C’est donc la femme qui choisit celui qui présentera les meilleurs gènes pour sa procréation.

L’homme en proie à une féroce compétition

L’homme de son côté, se retrouve logiquement en situation de concurrence avec les autres mâles et doit prouver sa valeur pour remporter le trophée (même s’il s’agit d’un trophée d’un soir…)

Comment s’opère cette guerre masculine pour l’accès à la reproduction ?

L’évolution a conduit à plusieurs stratégies masculines pour l’accès aux jupes des filles (et surtout à ce qui se trouve dessous) :

  1. L’honnêteté : l’homme démontre de façon transparente sa qualité génétique (humour, physique..) + sa capacité et volonté d’investissement parental (démonstration de ressource, rencards, sms, temps investi etc…) Il se plie alors honnêtement au jeu de la sélection sexuelle
  2. La ruse : pour contourner les attentes exigeantes de la femme et avec l’apparition du langage, les H ont évolué en adaptant leur stratégie via le mensonge. Il s’agit alors de faire croire à un investissement futur (se faire passer pour plus généreux, mentir sur sa puissance). Une attitude qui a eu pour conséquence une évolution féminine symétrique par le développement d’une plus grande empathie afin de déjouer les pièges masculins 
  3. Le viol : l’usage de la force brute permet à certains hommes d’accéder à des femmes dont ils n’auraient jamais obtenu l’assentiment, le tout sans aucun investissement. Ce qui fait du violeur le mâle le moins attractif sur le marché des relations hommes/femmes.

Le violeur, un tricheur

Le viol est ainsi une façon de tricher au jeu de la sélection naturelle.

Les analogies avec le marché peuvent choquer, pourtant elles sont bien établies par la littérature scientifique*.

Le viol entrave dans cette perspective le choix reproductif de la femme et réduit son pouvoir de sélectionner l’homme dont dispose le meilleur potentiel génétique.

Les confirmations issues de la littérature scientifique* sont nombreuses : 

  • Sans prise de pilule, la phase du cycle le plus fertile correspond à celle où la femme prend le moins de risque dans diverses situations interprétées comme dangereuses face au viol.
  • Les jeunes femmes en âge de procréer sont aussi plus traumatisées que les moins de 15 ans ou les plus de 50 ans
  • Il est aussi à souligner que plus la violence est élevée, moins la souffrance psychologique est grande (McCahill, 1979) et inversement. 

Le viol, en plus de la violence physique qu’il suppose implique une terrible détresse pour la femme.

La victime se voit dépossédée de son pouvoir de choix dans les gènes masculins qui composeront la base de son investissement physiologique en vue de la procréation.

Le viol parlons-en. Mais parlons-en bien ! 

Très loin des caricatures pointant du doigt une société patriarcale qui serait responsable de tous les maux, le viol possède des motivations beaucoup plus pragmatiques et très bassement matérielles.  

Le violeur est le loser de la compétition sexuelle qui, refusant sa position sur le marché des relations hommes/femmes, se livre à un véritable rapt sur l’investissement physiologique de sa proie.

*Bibliographie
Thornhill, R., & Palmer, C. T. (2001). A natural history of rape: Biological bases of sexual coercion. MIT press.

McKibbin, W. F., Shackelford, T. K., Goetz, A. T., & Starratt, V. G. (2008). Why do men rape? An evolutionary psychological perspective. Review of General Psychology, 12(1), 86-97.

Duntley, J., & Shackelford, T. K. (Eds.). (2008). Evolutionary forensic psychology. Oxford University Press.

Muller, M. N., & Wrangham, R. W. (Eds.). (2009). Sexual coercion in primates and humans. Harvard University Press https://www.hup.harvard.edu/catalog.p…

Rapport non consenti et probabilité de tomber enceinte : https://en.wikipedia.org/wiki/Pregnan…

2 Responses
  1. marc gébelin

    J’ai toujours quelques scrupules à intégrer le biologique comme facteur explicatif direct du désir sexuel et à plus forte raison du désir sexuel lorsqu’il prend la forme du viol. Non que je le déprécie ce facteur, ou le relègue à une position mineure, mais parce que ce que la vie m’a appris que la dimension psychique, le vécu mémorisé tout au long d’une vie, nous installe dans une humanité qui prend de plus en plus ses “distances” vis-à-vis du monde animal, c’est-à-dire du “biologique pur”.
    On retrouve la même problématique en médecine où l’expérimentation sur l’animal semble être la preuve qu’un médicament n’aura pas de conséquence imprévue et fâcheuse. De mon de vue, cela ne prouve rien si ce n’est que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir dans le domaine de ce qu’on croit pouvoir appeler “le scientifique pur”. Déjà l’homéopathie, il y a plus de deux siècles, avait considéré que si expérience il devait y avoir, pour prouver les effets d’une substance, elle ne pouvait se faire que sur l’homme. Voilà, me semble-t-il les bases authentiques du débat. Lier le biologique-physique (1), au psychique (2), et au noûs (νοῦς) (3), c’est-à-dire, plus encore qu’à la raison que le mot grec traduirait exclusivement, au Moi humain (dimension complexe dont l’ “existence” comme l’ “inexistence”, débouchent toujours sur des disputes).

    Le “désir” de viol, le “besoin” de viol, la “pulsion” de viol, quel que soit le mot qui nous paraisse approprié pour le qualifier, m’apparaît davantage comme issue d’une fracture psychique qui s’est nécessairement produite dans l’enfance (période de non maturité) et qui n’a pu être “guérie”. Je précise qu’il ne s’agit pas pour moi d’une guérison psychanalytique classique, mais d’un processus complexe de guérison que déjà les Grecs connaissaient (et sans doute d’autres peuples aussi). Il suffit pour cela de lire attentivement l’histoire de Melampous (pied noir) au lieu de se contenter de celle d’Oedipous (pied enflé).
    Voilà ma petite contribution au débat qui pourra se prolonger si elle rencontre de l’intérêt

Leave a Reply